Pendant des années, nous avons cherché. Nous avons scruté les horizons, espéré des messages, attendu qu'une porte s'ouvre ou qu'un regard valide notre existence.
Dans la série précédente, nous avons descendu les marches de l'Athanor pour nettoyer notre château et remettre notre égo – ce garde du corps terrifié – à sa juste place de premier ministre.
Mais que se passe-t-il une fois que le château est propre et silencieux ? La réponse s'est imposée à moi la veille exacte de mes cinquante ans. Le vide n'est pas une fin en soi. Il n'est que l'espace nécessaire pour allumer un feu nouveau.
Même pacifié, le mental a parfois des spasmes. Lors d'une profonde méditation, mon égo a tenté une dernière percée. Pour me rassurer et combler le silence absolu qui s'installait, il a projeté sur mon écran mental les visages de deux anciennes partenaires, Catherine et Margoux.
Pendant longtemps, j'aurais lutté contre ces images. Mais ce soir-là, depuis mon trône d'observateur, j'ai compris la mécanique : mon égo ne cherchait pas à me torturer, il essayait de m'apporter de la chaleur (l'amour, la validation) avec les seuls outils qu'il connaissait. Pourtant, ces visages n'étaient que des lunes. Des astres froids, changeants, qui ne faisaient que refléter une lumière extérieure, conditionnelle, pouvant disparaître au moindre nuage. Le mendiant affectif court toute sa vie après des lunes. L'homme souverain, lui, a besoin d'autre chose.
Cette mécanique intérieure a d'ailleurs été brillamment théorisée par le Dr Richard Schwartz avec le modèle de l'IFS (Système Familial Intérieur). Il démontre que notre ego agit comme un "Protecteur" désespéré. Le combattre ne fait que le renforcer. La seule voie est de reprendre notre place de "Capitaine" pour le rassurer."
Plutôt que de chasser ces images, j'ai fait un pacte avec mon système de survie. Je lui ai dit intérieurement : "Si ton but est de me protéger et d'amener la paix en moi, je n'ai plus besoin de ces visages. Je préfère nettement le soleil." Je lui ai suggéré de générer une présence immuable, qui réchauffe le cœur et le corps impermanent, et qui ne nous abandonne jamais.
Et le soleil est apparu. Alors que la nuit tombait physiquement sur ma chambre, j'ai demandé à cet astre de s'intégrer à moi. Une chaleur profonde a irradié dans toutes mes cellules. Les visages ont disparu, balayés par l'évidence. J'avais enfin cessé de demander à la lune de me réchauffer.
Devenir un homme solaire, c'est précisément cela. C'est réaliser, viscéralement, que la source de la chaleur a toujours été à l'intérieur.Carl Gustav Jung, dans ses études sur l'alchimie, l'avait compris : le grand œuvre psychologique consiste à devenir son propre Athanor, son propre creuset de transformation.
Tant que nous cherchons l'amour à l'extérieur, nous sommes à la merci des hivers relationnels. Allumer son Foyer Intérieur signifie que notre paix et notre plénitude ne dépendent plus de la météo d'autrui. Nous ne sommes plus en survie émotionnelle. Le château est habité par une présence incandescente et inépuisable : la nôtre.
C'est ici que l'ego spirituel tente parfois un dernier piège : nous faire croire que pour maintenir cette chaleur, il faut se retirer du monde, s'isoler dans un dôme intouchable et léviter au-dessus des problèmes humains. C'est tout l'inverse. L'énergie solaire est faite pour irradier. L'ancrage corporel que nous cultivons au quotidien — le souffle, la purification du corps par des rituels simples matinaux, la connexion à la terre — ne sert pas à fuir la matière. Il sert à y faire descendre notre lumière. Le Bâtisseur ne fuit pas la réalité ; il la transforme par sa présence ancrée.
"La spiritualité n'est pas une religion. C'est un chemin pour générer du bonheur, de la compréhension et de l'amour, afin de vivre à fond chaque instant de notre vie. Avoir une dimension spirituelle dans notre vie ne signifie pas échapper à la vie ou résider dans un endroit de béatitude en dehors de ce monde mais découvrir des manières de faire face aux difficultés de la vie et générer la paix, la joie, et le bonheur là où nous sommes sur cette belle planète." — Thich Nhat Hanh
Pourquoi cette citation me touche ? Parce qu'elle est l'antidote à la fuite. Elle nous rappelle que le but ultime de toutes nos guérisons n'est pas de quitter ce monde, mais d'avoir enfin la solidité nécessaire pour l'aimer.
"Système Familial Intérieur" (IFS) de Richard Schwartz. Un ouvrage fondamental qui prouve que nous ne devons pas détruire notre ego, mais devenir le parent bienveillant de toutes nos parts intérieures. C'est le manuel pratique pour signer ce fameux "pacte" avec son garde du corps.
Infinie gratitude,
Solas Cearta
Prochain article : Article 2 - le rayonnement dans l'arène : maintenir son centre face au chaos du monde.
Le thérapeute n'est pas là pour se substituer au médecin et ou pour le remplacer. Le traitement énergétique favorise simplement la mise en place du processus d’auto-guérison naturelle ; il n’autorise ni diagnostic, ni prévisions sur l'issue du traitement. Le praticien conseillera toujours au patient de poursuivre son traitement médical et, le cas échéant, de consulter son médecin s’il désire adapter son traitement.
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