Article hors série - solas cearta : l'éveil du cerf et la droiture de la lumière


Écrit par  Thibaut Breuls   |   21 Février 2026   |   Hors-série

Il y a un nom qui clôture chacun de mes articles. Un nom que certains ont peut-être pris pour un simple pseudonyme ou une marque : Solas Cearta. Aujourd'hui, dans ma vulnérabilité et mon authenticité d'homme, j'ai ressenti l'élan de vous partager l'histoire intime de ce nom. Car il est la fondation même de ce blog, de mon projet, et du chemin que nous parcourons ensemble.

Solas Cearta est un nom celte ancien qui signifie « Celui qui est dans la droiture de la lumière ». Je l'ai reçu il y a plusieurs années, lors de mon baptême celte sur le parcours chamanique que j'ai eu la chance de suivre avec Didier Rauzy.


Le vertige de la lumière

Quand ce nom m'a été donné, l'émotion a été immense, mais elle a très vite laissé place à une forme de vertige. Porter un tel nom me semblait être une responsabilité écrasante, presque insoutenable. À l'époque, « la droiture de la lumière » résonnait en moi comme une injonction absolue à la perfection.

Comment moi, avec mes doutes, mes anciens schémas de dépendance affective et mes propres failles, pouvais-je prétendre à cette droiture ? Je croyais à tort que pour honorer ce nom, je devais être infaillible, lisse, un éternel "sauveur" pour mon entourage, toujours prêt à m'oublier pour porter les autres. Le résultat de cette quête impossible a été l'épuisement, la chute, la "nuit noire de l'âme" et ce grand vide intérieur où toutes mes anciennes certitudes ont fini par voler en éclats.

Mais c'est précisément dans ce creuset de souffrance, dans ce "no man's land" où je n'avais plus rien à prouver ni personne à sauver, que la véritable essence de Solas Cearta m'est apparue.

Être dans la droiture de la lumière ne signifie en aucun cas être parfait ou dépourvu d'ombre. Cela signifie avoir le courage d'embrasser sa propre vulnérabilité. C'est se tenir debout, avec une humilité profonde, dans sa vérité la plus nue. Ce n'est pas fuir le chaos intérieur, mais accepter de s'y asseoir en conscience. C'est regarder ses propres abysses en face pour ne plus les laisser gouverner le navire en secret.


L'archétype du cerf et le souffle de Cernunnos

Cette compréhension viscérale s'est incarnée pour moi à travers une figure primordiale : l'archétype du Cerf, indissociable du dieu celte Cernunnos.

Sur mon chemin de souveraineté masculine, le cerf s'est imposé comme le miroir exact de l'énergie que je devais intégrer. Le cerf est le maître incontesté de sa forêt. Il n'est pas un prédateur qui cherche à dominer par la force ou à faire du bruit pour attirer l'attention. Sa puissance est tranquille, évidente, pacifiée. Il porte sa ramure comme une couronne naturelle : des bois dressés vers le ciel pour capter la lumière et l'intuition cosmique, tandis que ses sabots restent puissamment ancrés dans la terre et la matière.

Mais l'enseignement de ce roi de la forêt va encore plus loin. Chaque année, à la fin de l'hiver, le cerf perd ses bois. Sa magnifique ramure tombe, le laissant la tête nue, dépouillé de son attribut de puissance. Il devient alors extrêmement vulnérable. Et pourtant, il accepte cette mue cyclique sans résistance. Il ne s'accroche pas à sa gloire passée. Cette nudité est le prix de sa transformation et de son renouvellement. C'est exactement ce que j'apprends à vivre aujourd'hui. J'accepte de voir s'effondrer mes anciennes identités, je consens à me retrouver à nu, sans mes anciens masques de protection. C'est dans ce dépouillement, dans cette mue permanente, que je bâtis véritablement mon humilité et mon authenticité d'homme.

Le cerf, et à travers lui l'esprit de Cernunnos, m'a enseigné que l'homme souverain n'a pas à diminuer sa puissance pour rassurer l'autre, ni à cacher sa vulnérabilité pour paraître fort. Il a simplement besoin d'incarner sa nature avec noblesse, respect et intégrité. C'est cela, la véritable droiture. C'est l'équilibre parfait entre le feu brut du masculin sacré et la paix inébranlable du Foyer Intérieur.


La citation spirituelle : la véritable nature de la lumière

Pour illustrer cette longue quête d'authenticité et la véritable signification de mon nom de baptême, il y a une pensée du psychiatre et penseur Carl Gustav Jung qui résonne en moi comme une évidence :

"On ne s'illumine pas en imaginant des figures de lumière, mais en rendant l'obscurité consciente." — Carl Gustav Jung

Pourquoi cette citation me touche ? Parce qu'elle résume ma plus grande illusion passée. J'ai longtemps cru qu'être "Celui qui est dans la droiture de la lumière" impliquait d'être un phare lisse, parfait, et de repousser mes propres parts d'ombre pour ne montrer qu'un visage de sauveur.

Jung nous rappelle ici que la véritable lumière ne naît pas dans le déni ou l'artifice, mais dans le courage inouï de regarder sa propre nuit. Accepter de perdre ses bois, d'embrasser ses failles, d'observer ses peurs sans les juger... c'est cela, rendre l'obscurité consciente. Et c'est à cet instant précis, dans cette mise à nu, que la vraie Lumière peut enfin nous traverser.


D'un nom de baptême à une mission de vie

Pendant longtemps, Solas Cearta a été un costume beaucoup trop grand pour l'homme que j'étais. Aujourd'hui, c'est devenu ma peau.

Je l'assume fièrement. Non pas depuis l'ego de celui qui prétend être "arrivé", mais depuis la certitude tranquille de l'homme qui a accepté sa mission. Ce nom n'est plus seulement une identité, il est devenu le cœur battant du projet que je bâtis pour vous.

Mon engagement d'âme est de créer et de garder des espaces sacrés — que ce soit à travers ces écrits, ou dans les expériences d'éveil et retraites immersives que j'organise. Mon seul but n'est pas de vous apporter des réponses toutes faites ni de créer de la dépendance, mais de catalyser votre propre liberté. De vous aider à passer du navire perdu dans la tempête au Phare stable et rayonnant.

Si je signe chaque article sur soinsetmeditations.com de ce nom, c'est pour honorer ce pacte de vérité. C'est pour me rappeler, et vous rappeler à chaque ligne, que la lumière que nous cherchons si souvent désespérément à l'extérieur a toujours brûlé en nous, attendant simplement que nous osions nous asseoir dans notre propre droiture.

Infinie Gratitude,

Solas Cearta

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