Article 3 - L'Émotion n'est pas une faiblesse : Apprendre à pleurer comme un Guerrier.


Écrit par  Thibaut Breuls   |   15 Février 2026   |   Masculin sacré

Dans l'article précédent ("Le Cœur Vertébral"), nous avons posé l'architecture du Masculin Sacré : une colonne vertébrale solide pour tenir debout, et un cœur ouvert pour rester vivant.

Mais la théorie est facile. La pratique est terrifiante.

Pourquoi ? Parce que pour "ouvrir le cœur", il faut accepter de ressentir. Et pour la plupart des hommes, ressentir est synonyme de danger. On nous a appris que l'émotion était une faiblesse, une fuite d'énergie, une "faille" dans l'armure.

Aujourd'hui, je veux briser ce mythe. Je veux vous parler de la différence fondamentale entre s'effondrer (ce que fait l'enfant blessé) et s'ouvrir (ce que fait l'Homme Souverain).

Pour cela, je vais vous partager une page intime de mon journal personnel, écrite le 23 octobre 2025, à un moment où je me suis senti tout sauf "fort" au sens classique du terme.


1. Le Grand Vide : Mon expérience de l'effondrement

Je revenais tout juste d'un voyage initiatique en Égypte, une expérience "hors du temps", magique, puissante. Je pensais revenir chargé à bloc, tel un conquérant prêt à reprendre sa vie. Au lieu de cela, le lendemain de mon retour, je me suis réveillé avec une sensation vertigineuse. Le sol s'était dérobé.

Dans mon journal de ce jour-là, j'ai écrit ces mots exacts :

"Certaines personnes sont sur des rails... quand je me regarde, je n'ai même plus de rail à suivre, ni même de sol sous mes pieds."

L'Ancien Monde (mes vieilles habitudes, mes anciennes sécurités) avait disparu, dissous par le voyage. Mais le Nouveau Monde n'était pas encore là. J'étais dans le "Grand Vide". Mon corps était lourd, liquide. Une tristesse immense, sans raison apparente, me submergeait.

L'ancien Thibaut (le Tyran ou le Contrôlant) aurait paniqué. Il aurait dit : "Reprends-toi ! Tu es coach, tu es un homme, tu ne peux pas être dans cet état ! Fais quelque chose !"

Mais ce jour-là, j'ai choisi la voie du Masculin Sacré. Je n'ai pas lutté. J'ai accepté ce que j'appelle "L'Effondrement Souverain". Je me suis assis, et j'ai laissé les vannes s'ouvrir. J'ai pleuré. Pas parce que j'étais une victime de la vie, mais parce que mon âme avait besoin de laver l'ancien pour faire de la place au nouveau.


2. Les Larmes de l'Enfant vs Les Larmes du Roi

C'est ici que se joue toute la différence. Beaucoup d'hommes ont peur de pleurer car ils associent cela à l'impuissance de l'enfance. Il faut distinguer deux types de pleurs :

  • Le Sanglot de la Victime (L'Enfant) : C'est un pleur qui dit "Pauvre de moi". Il cherche un sauveur. Il demande à l'extérieur (à sa femme, à sa mère) de venir réparer le bobo. C'est un pleur qui vide l'énergie.
  • Les Larmes du Roi (L'Homme) : C'est un pleur de nettoyage. L'homme sent une charge émotionnelle (tristesse, deuil, lourdeur). Il décide consciemment d'ouvrir la valve pour évacuer la pression. Il ne cherche pas à être sauvé. Il fait le ménage dans son royaume intérieur.

Quand un homme pleure "comme un Roi", il ne s'effondre pas ; il se purifie. Après avoir pleuré, il ne se sent pas faible ; il se sent clair, lavé, et prêt à l'action.

L'appui théorique : Si vous pensez encore que pleurer est un truc de "faible", lisez Jean-Philippe de Tonnac. Dans son livre Éloge de la vulnérabilité des hommes, il explique brillamment que l'armure sociale que nous portons (la réussite, le stoïcisme, le "faire") finit par nous étouffer. Il écrit que l'homme blessé est celui qui ne sait pas dire "j'ai mal". L'Homme Sacré, lui, fait de sa vulnérabilité non pas une défaite, mais la forme ultime de son courage. Nous ne sommes pas des blocs de pierre froids ; nous sommes des foyers vivants.


3. La Preuve par l'Action : Transformer l'Eau en Feu

Beaucoup d'hommes ont peur que s'ils commencent à pleurer, ils ne s'arrêteront jamais, qu'ils vont se noyer. C'est faux. Cette leçon d'octobre, je l'ai intégrée. Elle est devenue ma force au quotidien.

Pas plus tard que ce vendredi 13 février 2026, j'ai ressenti le besoin de purger la machine après une semaine intense. Savez-vous ce que j'ai fait ? Je ne suis pas resté prostré. J'ai enfilé mes baskets et je suis parti courir.

Voici ce que j'ai noté dans mon bilan sportif d'hier soir :

"13 km. Rythme soutenu. 159 bpm de moyenne. J'ai purgé la machine. La douleur au dos n'était pas structurelle, c'était une crispation émotionnelle. L'action l'a dissoute."

C'est le secret du Masculin Sacré : L'émotion libérée devient du carburant. Parce que j'avais accepté de traverser mes émotions (l'Eau), j'ai pu courir avec une puissance renouvelée (le Feu).


4. La Citation Spirituelle : La Lumière par la faille

Ce processus est magnifiquement résumé par le poète mystique Rûmî :

"La blessure est l'endroit par lequel la Lumière entre en vous." — Rûmî

Le lien avec le Masculin Sacré : Souvent, nous cherchons à cacher nos blessures derrière une armure. Nous pensons que la "Lumière" est une récompense pour avoir été invulnérables. Rûmî nous dit l'inverse. C'est précisément au moment où l'armure se fend et où nous acceptons de "s'effondrer souverainement", que la vraie puissance peut entrer.

Mon effondrement d'octobre n'était pas un échec. Ma course d'hier n'était pas une fuite. C'est le même mouvement : l'ouverture qui permet l'action juste.


La Pratique : Le Cycle "Eau & Feu"

Si vous sentez une lourdeur émotionnelle cette semaine, ne la refoulez pas (Tyran) et ne la subissez pas (Victime).

Faites ceci :

  1. Phase Eau (10 min) : Isolez-vous. Pleurez, écrivez, criez dans un oreiller. Lâchez tout.
  2. Phase Feu (30 min) : Immédiatement après, bougez. Courez, marchez vite, faites des pompes. Utilisez l'énergie libérée pour reconstruire la structure.

C'est ainsi qu'on "lave" la machine sans se noyer. Vous verrez : vous serez plus léger, plus clair et plus puissant.

Allez les hommes... L'aventure continue.

Infinie gratitude,

Solas Cearta


Prochain article : Article 4 - La Sexualité Sacrée : Sortir de la performance pour entrer dans la présence.

Remarque générale

Le thérapeute n'est pas là pour se substituer au médecin et ou pour le remplacer. Le traitement énergétique favorise simplement la mise en place du processus d’auto-guérison naturelle ; il n’autorise ni diagnostic, ni prévisions sur l'issue du traitement. Le praticien conseillera toujours au patient de poursuivre son traitement médical et, le cas échéant, de consulter son médecin s’il désire adapter son traitement.

Copyright © 2020 - 2025   // Grandchamps, 6 - Marche-en-Famenne //  Tél.: +32(0) 475.82.20.82 // Site web by Zzam + Petitpoisson