Article 4 - La sexualité sacrée : sortir de la performance pour entrer dans la présence.


Écrit par  Thibaut Breuls   |   22 Février 2026   |   Masculin sacré

Nous avons bâti notre Architecture (la Colonne et le Cœur). 

Nous avons nettoyé notre émotionnel (Les Larmes du Guerrier). 

Il est temps de descendre maintenant à la cave, là où le feu brûle le plus fort, là où nos ombres sont les plus denses : La Sexualité.

Avez-vous déjà ressenti cette étrange solitude, juste après l'amour ? Ce moment où, alors que les corps sont encore entremêlés, une distance glaciale s'installe soudainement ? C'est le drame de l'homme moderne. Sur ce terrain, nous sommes perdus, coincés entre deux modèles obsolètes :

  1. Le Prédateur (L'Ancien) : Pour qui le sexe est une conquête, une performance, un décompte. Il "prend" du plaisir pour valider sa virilité.
  2. L'Inhibé (Le "Nice Guy") : Qui a peur de son propre désir, qui s'excuse d'avoir envie, de peur d'être un prédateur. Il se coupe de son feu.

Le Masculin Sacré propose une troisième voie. Une voie où le sexe n'est ni une performance, ni une honte, mais une méditation à deux.


1. Le journal du sevrage : quitter la validation

Dans mon journal personnel du 23 octobre 2025, alors que je traversais une période de grand vide intérieur au retour d'Égypte, j'ai noté ceci :

"Je suis en plein sevrage. Je quitte mes anciennes peaux. [...] Je tiens ma ligne de conduite."

À l'époque, je parlais de détachement émotionnel, mais cela s'applique parfaitement à la sexualité et à ma posture d'homme. Pendant des années, j'ai erré entre différents masques. J'ai notamment longtemps incarné le rôle du "Nice Guy". Je croyais être un partenaire idéal parce que j'étais gentil, accommodant et toujours prêt au compromis.

Mais j'ai fini par comprendre une grande loi alchimique. L'énergie féminine (le Yin, l'Eau) est par nature mouvante, vivante, émotionnelle et puissante. Cependant, pour que cette Eau puisse couler en toute sécurité et s'abandonner pleinement sans se disperser, elle a besoin de berges solides (le Yang, l'ancrage, la structure masculine).

Pendant longtemps, je n'avais pas ces berges à offrir. Par peur de déplaire ou par manque de colonne vertébrale, j'étais fuyant ou trop malléable. Résultat : sans un cadre masculin inébranlable pour la contenir et la sécuriser, ma partenaire ne pouvait pas relâcher la pression. Elle devait rester dans le contrôle pour compenser mon propre manque de solidité. Ma "gentillesse" ne remplissait en rien son besoin fondamental d'ancrage et de direction.

De plus, même dans les relations où l'amour était sincère, mon inconscient reprenait souvent le dessus. J'ai utilisé la séduction et la sexualité non pas pour rencontrer l'autre, mais pour me rassurer moi-même. J'étais un mendiant émotionnel déguisé en conquérant (ou en sauveur). Chaque conquête, chaque regard, chaque acte était un pansement sur une blessure de valeur. "Si elle me désire, c'est que je vaux quelque chose."

C'est ce que j'appelle la sexualité de la misère. On demande à l'autre de remplir notre vide ou de pallier notre manque de structure. Le passage au Masculin Sacré commence par ce "sevrage". J'ai dû accepter d'arrêter d'utiliser la femme comme un médicament pour mon ego.


2. Ma solitude actuelle : L'antichambre du sacré

C'est pourquoi, aujourd'hui, je fais le choix conscient de la solitude. Ce n'est pas un échec relationnel. C'est une préparation structurelle. Je ne suis pas seul parce que personne ne veut de moi. Je suis seul parce que je prépare le sanctuaire pour la suite.

Mes relations passées m'ont beaucoup appris, et je ressens un profond respect pour les femmes qui ont croisé mon chemin. Elles ont souvent été de magnifiques miroirs. Mais je réalise aujourd'hui que je les invitais parfois dans une maison intérieure en chantier…

Je ne veux plus jamais inviter une Reine dans une maison en ruine. C'est un acte de respect absolu envers elle. J'ai compris la violence invisible de nos relations ordinaires : ces luttes inconscientes où l'on cherche à "voler" l'énergie de l'autre pour combler nos propres failles. C'est de la survie, pas de l'amour. Je ne veux plus venir vers elle avec la main tendue du mendiant. Je veux venir avec la coupe pleine du Roi.

L'énergétique de l'Amour (La leçon de la Prophétie des Andes) Pour comprendre la puissance de cette intention, il faut regarder ce qui se joue sous la surface. Comme l'expliquait La Prophétie des Andes de James Redfield, la plupart des relations sont des luttes de pouvoir pour voler de l'énergie vitale.

  • "Prendre l'énergie" : C'est le mode par défaut de l'ego. Quand on se sent vide, on cherche à se brancher sur l'autre (par la domination ou la plainte) pour se sentir vivant. C'est du vampirisme affectif.
  • "Être plein, vibrant et aligné" : C'est mon travail actuel. C'est apprendre à me "brancher" verticalement à la Source. Je remplis ma propre coupe. Je deviens autonome.
  • "Déborder avec elle" : C'est le but ultime. Quand je rencontrerai cette partenaire, je ne viendrai pas pour "prendre", mais pour amplifier.

Je ne veux plus arriver face à elle avec une coupe vide en mendiant de l'amour. Je veux arriver avec une coupe qui déborde pour inonder le monde avec elle, dans une gratitude et une complétude totale.


3. De la consommation à la communion : L'alchimie des corps

Il est temps de redéfinir ce que nous faisons dans l'intimité. Le modèle masculin conventionnel est souvent une Sexualité de Consommation. C'est le réflexe de la "cocotte-minute" : l'homme accumule des tensions (stress, désir, frustrations) et utilise l'acte sexuel pour évacuer ce trop-plein. Le corps de la partenaire devient malgré lui un simple exutoire pour obtenir un soulagement rapide. Le résultat ? Une chute brutale d'énergie après l'acte (la fameuse "petite mort"). On se sent vidé, apaisé certes, mais souvent déconnecté, avec une envie de dormir ou de fuir. L'âme a faim.

Le Masculin Sacré invite à une Sexualité de Communion. Ici, l'acte n'est plus une fin en soi, ni une course vers l'orgasme. C'est un Cercle Vertueux.

Au lieu d'expulser son énergie vers l'extérieur pour s'en débarrasser, l'homme apprend à la faire circuler.

  • Il offre sa présence et sa stabilité (sa Colonne).
  • La femme, se sentant tenue par cette sécurité inébranlable, peut enfin s'abandonner totalement. Elle n'a plus besoin de se contrôler. Elle peut s'ouvrir à son ressenti, libérer ses pulsions les plus profondes et ouvrir son Océan.
  • Ces deux énergies ne s'annulent pas, elles se nourrissent.

La clé oubliée : Cela demande une révolution mentale : comprendre que l'éjaculation (le réflexe mécanique de vidange) n'est pas la même chose que l'orgasme (l'état d'extase vibratoire). Tant que l'homme confond les deux, il court après la fin. Quand il apprend à dissocier les deux, il entre dans l'infini. Il ne perd plus son feu, il le partage. (Nous reviendrons sur cette technique précise dans le prochain article).

C'est ce que montre l'image de cet article : dans ce front contre front, il n'y a pas d'agitation. Il y a une boucle énergétique. On passe de "Faire l'amour" (une action mécanique qui a un début et une fin) à "Vivre en Amour" (un état vibratoire qui continue de rayonner bien après que les corps se sont séparés).


4. La citation spirituelle : L'offrande ultime

Pour illustrer ce changement de paradigme, voici une pensée de David Deida, l'auteur de La Voie de l'Homme Supérieur, qui résume l'essence de ma quête actuelle :

"Votre but n'est pas d'atteindre l'orgasme, mais de rester ouvert et présent, quoi qu'il arrive, même dans l'extase." — David Deida

Pourquoi cette citation me touche ? Parce qu'elle tape là où ça fait mal pour l'ancien moi. J'ai longtemps cru que "bien faire l'amour", c'était savoir faire des mouvements, durer longtemps, être technique. C'était de la gymnastique. Deida nous rappelle que le plus grand cadeau qu'un homme puisse faire à une femme, ce n'est pas sa technique, c'est sa Conscience.

C'est être capable de la regarder, de respirer, et de ne pas "partir" dans sa tête ou dans la recherche du plaisir égoïste. C'est rester là, solide comme une falaise (ou comme cette main sur la nuque), pendant que l'océan de sensations déferle. C'est cette présence inébranlable que je cultive aujourd'hui dans ma solitude, pour pouvoir l'offrir demain.


La pratique : "connexion d’âme à âme" (Sans toucher)

Cette semaine, je vous invite à un exercice qui peut sembler simple, mais qui est d'une intensité redoutable pour l'ego.

Avec votre partenaire (ou lors d'une rencontre), essayez ceci avant tout contact physique :

  1. Asseyez-vous face à face.
  2. Regardez-vous dans l'œil gauche (l'œil relié au cœur/cerveau droit).
  3. Restez ainsi 3 minutes. Sans parler. Sans vous toucher. Juste respirer.

Si vous sentez l'envie de détourner le regard, de rire nerveusement ou de sauter sur l'autre pour "faire quelque chose", observez-le. C'est votre ego qui fuit l'intimité réelle. Tenez la posture. Soyez la Colonne. C'est là, dans ce silence habité, que commence le vrai sacré.

Infinie gratitude,

Solas Cearta


Prochain article : Article 5 - L'Alchimie Sexuelle : Devenir un Homme Multi-Orgasmique (Le Mode d'Emploi).

Remarque générale

Le thérapeute n'est pas là pour se substituer au médecin et ou pour le remplacer. Le traitement énergétique favorise simplement la mise en place du processus d’auto-guérison naturelle ; il n’autorise ni diagnostic, ni prévisions sur l'issue du traitement. Le praticien conseillera toujours au patient de poursuivre son traitement médical et, le cas échéant, de consulter son médecin s’il désire adapter son traitement.

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