Sur le chemin de la souveraineté et du Masculin Sacré, nous parlons souvent de "maîtrise de soi", de "Foyer Intérieur" ou de "droiture". Mais pour maîtriser son royaume, il faut d'abord connaître intimement les forces qui tentent d'en usurper le trône chaque jour.
La plus grande confusion de l'être humain est de croire qu'il est la voix qui parle dans sa tête. Tant que nous fusionnons avec cette voix, nous sommes les esclaves de deux puissances redoutables : le mental et l'égo.
Pour ne plus subir notre vie, il est fondamental de définir ces deux instances, de démasquer leurs pièges et d'apprendre à reprendre les commandes.
On a souvent tendance à utiliser les mots "mental" et "égo" comme des synonymes. Pourtant, ils ont des rôles bien distincts dans notre architecture intérieure : Le mental (l'ordinateur) : C'est un outil extraordinaire. C'est la part de notre cerveau qui analyse, calcule, planifie et mémorise. Son travail est de résoudre des problèmes matériels (construire une maison, organiser un voyage, gérer les horaires).
Le problème du mental, c'est qu'il ne sait exister que dans le passé (les regrets) ou le futur (l'anticipation). Il est incapable de vivre dans l'instant présent. L'égo (le faussaire) : C'est l'identité fictive que le mental a construite autour de notre histoire.
L'égo est la somme de nos blessures, de nos croyances et de nos masques. C'est la voix qui dit "Je suis inférieur", "Je dois prouver ma valeur", ou "Je suis blessé". Son seul but est la survie de cette fausse identité. Il se nourrit de la séparation, du conflit et du besoin de validation.
Le mental est le véhicule ; l'égo est le pirate qui a pris le volant.
Vous remarquerez que la paix intérieure s'installe instantanément dès que le vacarme mental s'arrête. Mais alors, pourquoi l'égo s'acharne-t-il à faire autant de bruit ? Il y a trois réalités biologiques et psychologiques derrière cet acharnement : Le garde du corps terrifié (la survie) : Pour notre cerveau primitif, le rejet équivalait à la mort. Face à une porte fermée, l'égo ne voit pas une opportunité de croissance, il voit un danger mortel. Il sonne l'alarme pour rétablir le contact à tout prix.
Le sevrage neurochimique : L'ancienne dynamique du "Sauveur" ou du besoin de validation vous apportait des décharges régulières de dopamine. En devenant souverain, vous coupez cette drogue. L'égo crée alors des pensées obsessionnelles pour obtenir sa dose d'intensité. La peur du vide : L'égo n'existe qu'à travers les problèmes à résoudre et les drames. Le silence absolu de l'instant présent lui donne l'impression d'être anéanti. Il préfère vous torturer avec des scénarios plutôt que de disparaître dans la paix.
Il est crucial de comprendre à quel moment précis cette fusion toxique avec la voix s'opère. Le brouhaha dans notre tête n'est pas constant. Cette voix devient assourdissante, tyrannique et obsédante principalement lorsque notre corps émotionnel est activé.
Dès qu'un événement extérieur vient toucher une ancienne blessure (un rejet, une porte fermée, une critique, un silence), le corps émotionnel s'enflamme. Il libère une charge d'énergie très dense dans tout notre système. Le mental et l'égo vont alors littéralement se nourrir de cette charge émotionnelle pour justifier la douleur. L'ordinateur s'emballe et se met à produire des pensées en boucle, des histoires, des drames et des suppositions.
Sous le coup de cette activation émotionnelle, la fusion est totale : nous croyons chaque mot que nous dicte notre tête. C'est précisément dans cet état de tempête intérieure que la clarté et le discernement disparaissent. L'égo utilise l'émotion comme un écran de fumée pour nous empêcher de voir la réalité telle qu'elle est. Prendre une décision, envoyer un message ou tirer une conclusion pendant que le corps émotionnel est en feu, c'est laisser le faussaire rédiger le contrat. Vous n'agissez plus depuis votre souveraineté, vous réagissez depuis votre blessure.
Au fil de ces articles, nous avons souvent utilisé des figures très tranchées : le Sauveur, le Prédateur, le Mendiant, le Roi. Il est crucial de comprendre que ces archétypes ne sont pas des cases binaires dans lesquelles on s'enferme. Il existe tout un panel de gris.
La souveraineté ne consiste pas à éradiquer magiquement toutes nos anciennes parts dysfonctionnelles pour devenir un être de pure lumière. Ces parts existent en nous. Le véritable travail d'alchimie est d'apprendre à jauger ces énergies, à les identifier plus rapidement quand elles prennent les commandes, et à ramener le curseur avec bienveillance vers notre centre avant qu'elles ne nous tendent leurs pièges.
Au quotidien, l'égo et le mental s'allient pour nous tendre des pièges d'une grande subtilité. Leur but est simple : nous maintenir dans la réaction plutôt que dans l'ancrage.
Le piège de la boucle d'attachement : L'égo déteste le vide et se nourrit d'intensité, même si celle-ci est douloureuse. Longtemps, même après la fin d'une relation pourtant pacifiée, mon égo continuait à générer un besoin viscéral de vérifier si cette personne m'avait envoyé un message. Il parvenait encore à m'affecter par l'idée qu'elle puisse avoir un intérêt pour quelqu'un d'autre. Ce n'était pas mon cœur qui s'exprimait, mais bien ce saboteur qui refusait de passer à autre chose définitivement, car lâcher prise et faire face au silence total le terrifiait.
Le piège du scénario catastrophe : Face à une situation incertaine, le mental s'emballe. Il va créer dix scénarios tragiques pour une conversation qui n'a pas encore eu lieu. Il pompe une énergie vitale colossale pour "résoudre" des problèmes imaginaires situés dans le futur, épuisant ainsi votre système nerveux.
Le piège de l'offense et de la justification : Si quelqu'un vous critique, l'égo s'enflamme instantanément. Il se sent agressé, menacé d'anéantissement. Il va vous pousser à attaquer en retour, à vous justifier avec agressivité, ou à bouder. Le besoin "d'avoir raison" est la drogue la plus puissante de l'égo.
Le cheval de Troie du calendrier : Lorsqu'il a compris que vous ne cèderez plus à la tentation de recontacter une ancienne partenaire pour combler votre vide, l'égo va utiliser la logique sociale. L'approche d'une date d'anniversaire est son cheval de Troie favori. Il va murmurer : "Ce n'est qu'un message d'anniversaire, c'est de la simple bienveillance." En réalité, c'est une ruse pour vérifier si la porte est toujours ouverte. L'homme conscient observe cette pensée et la laisse se dissoudre.
La reprise de pouvoir déguisée en sagesse : Parfois, face à une porte qui vient de se fermer, notre esprit propose une justification très subtile : annoncer notre propre fermeture. "Dis-lui que toi aussi tu as tourné la page, et que tu te prépares à accueillir la femme de ta vie." En grattant sous le vernis de cette fausse authenticité, on découvre une tentative de piquer sa curiosité ou de prouver sa valeur. Le Souverain n'a pas besoin d'annoncer ses travaux à celles qui ont quitté le château.
Le piège de l'urgence spirituelle : Lorsque le château est enfin nettoyé des fantômes du passé, l'égo tente une dernière ruse, souvent la plus difficile à démasquer. Face à une synchronicité magnifique ou à un projet vibrant (comme l'appel soudain vers une terre lointaine ou une initiation puissante), le faussaire s'approprie l'événement. Il crée une excitation fébrile et un sentiment d'urgence absolue : "Il faut agir maintenant, envoyer ce message tout de suite, forcer le destin !" Bien que cette excitation semble lumineuse et positive, c'est en réalité une nouvelle tentative du système nerveux pour vous arracher à la paix de l'instant présent.
Lutter contre l'égo et le mental est peine perdue. Si vous les combattez, vous leur donnez de l'énergie. La véritable libération alchimique passe par d'autres voies.
S'asseoir dans le fauteuil de l'observateur : La clé absolue est la désidentification. La prochaine fois que la voix s'agite sous le coup de l'émotion, ne lui répondez pas. Observez-la. Dites-vous : "Tiens, mon mental est en train de s'emballer." Celui qui observe l'agitation n'est pas agité. Vous êtes le Ciel tranquille ; le mental n'est qu'un nuage qui passe.
Identifier l'émotion et s'en détacher : Derrière tout ce vacarme mental se cache toujours une émotion racine. L'égo veut vous faire croire que vous êtes cette émotion. Vous n'êtes pas l'émotion, vous êtes l'espace conscient dans lequel elle apparaît. Nommez-la, puis revenez immédiatement à votre respiration. Si vous ne nourrissez plus l'émotion avec les histoires de votre mental, elle finira par se dissiper.
Redescendre dans le corps : Le mental ne peut pas survivre dans la pure sensation physique. Quand la pression monte, ramenez toute votre attention dans vos mains, vos pieds, ou votre bassin. En habitant pleinement votre corps, vous coupez le carburant de l'agitation mentale.
Accepter de perdre (la mort de l'égo) : Dans une dispute ou une situation de rejet, faites l'expérience révolutionnaire de ne pas vous défendre. Laissez l'autre avoir raison. Vous sentirez une brûlure intérieure, mais si vous tenez bon sans agir, cette brûlure laissera place à la paix inébranlable du Foyer Intérieur.
Pour illustrer ce concept fondamental sur soinsetmeditations.com, voici une pensée qui remet les choses à leur juste place :
"Le mental est un outil magnifique si l'on s'en sert à bon escient. Utilisé à mauvais escient, il devient très destructeur. Plus précisément, ce n'est pas tant que vous l'utilisez mal, c'est surtout qu'il vous utilise. C'est là qu'est la maladie. Vous croyez être votre mental. C'est l'illusion." — Eckhart Tolle
Pourquoi cette citation me touche ? Parce qu'elle déculpabilise. Elle nous rappelle qu'il ne s'agit pas de "tuer" notre mental. L'objectif de l'homme souverain n'est pas de vider sa tête, mais de remettre l'outil à sa juste place. Le mental est un serviteur exceptionnel pour bâtir notre vie matérielle, mais il fait un maître tyrannique dès qu'on lui confie les clés de notre bonheur.
Si cet article résonne en vous et que vous souhaitez démanteler les mécanismes de votre propre saboteur intérieur, il existe une lecture incontournable : "Le Pouvoir du Moment Présent" d'Eckhart Tolle. Ce que ce livre apporte : C'est le manuel d'éveil le plus chirurgical de notre époque. Tolle décortique avec une précision scientifique la manière dont l'égo crée le "corps de souffrance" et se nourrit du temps. Il offre la méthode la plus directe pour s'extraire de la prison mentale et retrouver la paix instantanée de la Conscience pure, ici et maintenant.
Infinie gratitude,
Solas Cearta
Prochain article : article 9 - l'intégration : faire redescendre la spiritualité dans la matière et le quotidien.
Le thérapeute n'est pas là pour se substituer au médecin et ou pour le remplacer. Le traitement énergétique favorise simplement la mise en place du processus d’auto-guérison naturelle ; il n’autorise ni diagnostic, ni prévisions sur l'issue du traitement. Le praticien conseillera toujours au patient de poursuivre son traitement médical et, le cas échéant, de consulter son médecin s’il désire adapter son traitement.
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